Après la Guadeloupe et la martinique, c’est au tour de l’île de la réunion de se mettre en mouvement contre la vie chère…
Nul doute que la Guyane finira par s’y remettre aussi (ils avaient manifesté contre les prix du carburant récemment…).
Ceci nous démontre que Nicolas Sarkozy et son gouvernement ont eu tort de jouer leur tactique habituelle du pourissement de la situation, tactique qui consiste à laisser les gens se metttre en grève et manifester sans prendre en compte leur revendications ou être à l’écoute de leurs attentes, jusqu’à ce qu’ils aient perdu assez de leur salaire pour être contraints à reprendre le travail. C’est l’équilibre des ventres vides, comme l’a écrit Zola dans Germinal.
Cette tactique a assez bien réussi à notre Omniprésident au début de son mandat lors de la réforme des régimes spéciaux. L’image de casseur de grève qu’il a gagné à ce moment n’a fait qu’augmenter sa popularité auprès de son électorat, et ce d’autant plus facilement que les grèves de cheminots ou traminots n’ont en général pas le soutien de l’opinion publique.
Encore un succès de cette tactique avec la carte judiciaire, lorsque les magistrats, pourtant alliés aux avocats pour l’occasion, n’ont rien obtenu malgré des semaines de conflit.
Il y a bien eu cette reculade sur la réforme des lycées, mais il ne s’en est pas inquiété, parce que l’Education Nationale est réputée être inréformable. Pourtant, il aurait dû se rendre compte que la mobilisation des professeurs, des élèves et même des parents d’élèves était sans précédent dans son ampleur comme dans sa durée.
Et les Guadeloupéens, et ensuite les Martiniquais, se sont mobilisés, d’abord contre la vie chère, ensuite contre les injustices. N’a-t-il pas su percevoir ce malaise, cette plaie dans le coeur des antillais, cette impression d’être les laissés pour compte de la République ?
Notre monarque aura mis plus d’un mois avant d’avoir ne serait-ce qu’un mot pour eux. Lors d’une grand-messe télévisée il a évité le sujet, ce qui a scandalisé, écoeuré pas mal de monde et pas seulement des antillais.
Nous avons aussi assisté à une séance de grand-guignol lorsqu’Yves Jégo parti à la Guadeloupe pour amener les diffrentes parties autour de la table, a été rappelé d’urgence à Paris alors même qu’il semblait avoir obtenu certaines avancées. Avancées qui avaient, nous a-ton dit, fortement déplues au MEDEF.
Le MEDEF qui pourrait intimer l’ordre au Premier Ministre de rappeler un de ses ministres, voilà l’image de notre République aujourd’hui… Je n’ai pas ajouté l’adjectif bananière mais je sais que certains d’entre vous l’auront pensé très fort !
Image également entachée par la mort d’un syndicaliste, par méprise, paraît-il, par un insurgé armé d’un fusil. Les fusils ont été sortis et le sang a coulé, nous ne pouvons qu’en être attristés, et ce d’autant plus que nombreux sont ceux qui comme moi se disent que si ceux qui ont pour l’heure charge d’âmes en France n’avaient pas laissé pourrir la situation, nous n’en serions pas arrivés là.
Je ne sais pas ce qui se passera à la Réunion, si les revendications des Réunnionnais seront plus rapidement satisfaites que celles de leurs concitoyens antillais, mais en tout cas j’espère que le sang ne coulera plus.
Et puis une augmentation des bas salaires sera toujours bonne à prendre pour nos compatriotes domiens. Mais la couverture qu’a faite la presse de ces conflits sociaux a permis aux lecteurs attentifs des journaux d’apprendre que, par exemple, les règles de concurrence s’appliquant sur le territoire métropolitain n’avaient pour une raison obscure pas cours aux antilles, que l’on laissait une seule personne détenir le monopole de l’importation de certaines marques, ainsi que le monopole dans le secteur du bricolage, avec en plus une position dominante écrasante dans le domaine de la grande distribution, ce qui permet a cette personne de fixer les prix qu’elle veut.
Alors, peut-être faudrait-il commencer par faire appliquer les lois de la République dans les départements d’Outre-Mer pour mettre fin à certaines injustices.
Bien que l’égalité soit inscrite dans notre devise, elle reste plus que jamais le but vers lequel il faut tendre….
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